Le Président-Maréchal, IDRISS DEBY ITNO, alors colonel et ses compagnons se sont sacrifiés, pour dit-on, apporter un premier décembre 1990 la liberté et la démocratie aux tchadiennes et tchadiens. Pourtant, aucun tchadien ne les a mandatés pour une telle initiative. Mais en bons patriotes, ils ont décidé de s’engager pour libérer le peuple tchadien du joug de la dictature qu’ils ont eux même contribué à assoir. Après quelques années de jouissance de cette liberté, comme les habitudes sont têtues, les libérateurs ont repris de poils : la manière de gérer le Tchad dans la terreur, les tueries, les tortures, la filature des tchadiennes et tchadiens. Chaque fois que les citoyennes et citoyens décident de se faire entendre, le pouvoir sort ses muscles pour leur interdire de s’exprimer. En un mot, les manifestations et marches à caractère pacifique sont systématiquement interdites. Les raisons avancées le plus souvent pour interdire ces manifestations sont peu convaincantes. Et, l’on peut dire sans risque de se tromper que le pouvoir fait du deux poids, deux mesures. Quand il s’agit d’une manifestation qui l’arrange, il ferme les yeux et laisse faire. Mais, si c’est le contraire, il sort tout son arsenal pour intimider ou réprimer. Plusieurs exemples prouvent ces agissements du pouvoir. Récemment, c’est l’interdiction de la tenue du forum citoyen du 27 au 29 novembre 2020 par les forces vives de la Nation. L’argument utilisé une fois de plus par le ministre de la sécurité publique et de l’Immigration, le Gal, MAHAMAT TAHIR OROZI pour interdire cette rencontre citoyenne est que : ‘’l’avis de la Coordination de riposte sanitaire n’étant pas requis et  la pandémie de la covid-19 ne permet pas un rassemblement de grandes envergures..’’ Un argument des plus  incongrus, quand on sait que le forum national, dit inclusif a réuni plus de 600 militants, alliés et courtisans du régime pour échanger, à sens unique, sur la marche et le fonctionnement de la République.  Lentement, mais surement, le régime MPS conduit le peuple tchadien vers la même dictature qu’il a combattu. Le Général Ministre, MAHAMAT TAHIR OROZI s’est basé sur l’ordonnance 45 de 1962, relative aux réunions publiques et le décret 193 de 1962 ; portant réglementation des manifestations sur la voie publique pour restreindre les libertés publiques, dont le droit de manifester. Or, en dehors de quelques manifestations spontanées des étudiants et autres,  le pouvoir n’a jamais autorisé à une certaine catégorie de citoyens d’exprimer son mécontentement, malgré leur démarche légale en vue d’obtenir une autorisation de marche ou manifestation pacifique. Le pouvoir à travers tous ses ministres de l’intérieur et de la sécurité publique qui se succèdent à la tête de ce département n’a jamais daigné autoriser une marche quelconque. Ce qui paraît un peu bizarre, certaines organisations de la société civile et partis alliés sont autorisées à organiser des marches de soutien et de protestations. Le pouvoir MPS qui prétend nous apporter la liberté et la démocratie refuse de matérialiser cela par les textes de la République. C’est dire qu’après trois décennies, le reflexe dictatorial n’a jamais changé d’un iota parce que le Président-Maréchal, IDRISS DEBY ITNO et ses camarades de Bamina sont bien moulés dans le système de Hissein Habré. Leurs masques tombent au fil du temps. La plupart d’eux tortionnaires d’hier se sont réclamé victimes et libérateurs, ce 1er décembre 1990.

Ce qui s’est passé ce 27 novembre 2020, témoigne bien de la monarchie avec toile de fonds le monopole de l’Administration Publique et les richesses nationales. Tenez ! A la Direction générale de la Police nationale, c’est un DEBY, aux Renseignement généraux,  avec le nouvel organigramme, l’appellation a changé. C’est la Direction de la Sécurité Intérieure, un certain SOUGOUR ABDELKERIM DEBY, contrôleur général de la police 2ème grade. A la STE, une certaine ITNO, à la Cimenterie de Baoré, un ITNO, à la Raffinerie de Djarmaya, un ITNO. C’est ça l’injustice que le Président-Maréchal voudrait réparer en prenant les armes ce 1er Avril 1989 ? Et l’attaque de FM Liberté a été conduite par ADAM ERDEBOU SOUGOUR, commissaire principal de police. Ce qui s’est passé ce 27 novembre 2020 est un acte de terrorisme au même titre que l’attaque de ‘’Charlie-Hebdo’’, en France. Mieux, un terrorisme d’Etat. Car l’attaque de la FM Liberté est l’œuvre d’une institution de la République, chargée d’assurer la sécurité des personnes et des biens, la Police Nationale, au respect des droits de l’Homme, article 194 de la Constitution du Tchad. Les changements politiques intervenus au Soudan, en Algérie et en Angola et la poursuite des anciens dignitaires doivent servir de leçon aux dirigeants tchadiens. Les régimes et les hommes passent, mais les Etats demeurent.

EDITO DU 30/11/2020