De 1960 à nos jours, la République du Tchad peine à avoir une loi fondamentale fixe. Et cela s’empire avec la venue d’un constitutionnaliste français à N’Djamena dont on ignore également le nom pour conseiller IDRISS DEBY ITNO à modifier la constitution de 1996, fruit d’un consensus national issue de la Conférence Nationale Souveraine de 1993. Partant de la première modification de la loi fondamentale, les plus hautes autorités de la République en ont pris un goût. Un goût immodéré pour se livrer à cet exercice politico- juridique de la loi fondamentale. Ainsi, elle a été révisée en 2005 et 2013. La disposition la plus significative, après le Cours de droit constitutionnel de l’éminent constitutionnaliste français, dénoncé par le président DEBY lui-même, au cours d’une émission radiotélévisée des médias français, a été sautée. Il s’agit de la limitation de mandat à deux ans. Depuis   lors, le boulevard est grandement ouvert. Rien, absolument rien ne s’oppose désormais à la candidature du président fondateur du MPS qui sera investi bientôt par son parti pour l’élection présidentielle d’avril prochain, à en croire un de ses lieutenants. Comme le chemin a été déjà déblayé, nos gouvernants ne cessent de tailler la constitution à leur mesure. D’un mandat, nous sommes passé sans coup férir au deuxième, troisième, quatrième, cinquième et bientôt le sixième mandat. Le bricolage de la loi fondamentale sous le régime MPS est une véritable régression de la démocratie et créée une insécurité juridique.

Le développement du Tchad dont le bien-être de sa population n’est pas le souci de IDRISS DEBY ITNO, son mouvement politique et les alliés. Leur seul souci majeur, c’est le contrôle des richesses du pays et de l’administration publique : y placer les leurs, les alliés et les courtisans. Comme le Président-Maréchal n’est pas venu au pouvoir par le ‘’billet Air Afrique’’, et il l’a bien dit, de sa propre bouche, souhaite-t-il quitter le Palais de Djambalngato par la même procédure ? Le peuple tchadien le tient au mot : ‘’Je ne vous apporte ni or, ni argent mais la liberté’’, fin de citation. Aussi bientôt le 1er décembre, Journée que son mouvement politique a baptisée, ‘’Journée de la liberté et de la démocratie’’ proscrit les coups de forces comme moyen de parvenir au pouvoir. Que le préambule de la constitution de la République du Tchad qui pose des gardes fous contre les dérèglements soit extrait comme bréviaire à nos gouvernants, notamment le Président-Maréchal, et que les valeurs de la République soient respectées.

EDITO DU 23/11/2020