Les lampions se sont éteints ce dimanche 1er novembre 2020 sur les assises du deuxième forum national inclusif voulues par le Président-Maréchal, IDRISS DEBY ITNO. La création de poste de vice-président et du Sénat qui représentera les collectivités autonomes sont les principales recommandations issues de cette ‘’grand-messe républicaine’’ qui a regroupé plus de 600 participants dans un contexte marqué par la pandémie de coronavirus. L’objectif recherché par le président DEBY est largement atteint à travers la création du poste de vice-présidence. Ce qui permettrait à n’en point douter de tripatouiller encore la constitution de la République du Tchad promulguée, le 04 mai 2018 pour introduire les attributions du vice-président de la cinquième République et du Sénat, la Chambre haute du Parlement. Le président –Maréchal pourra tranquillement dormir dans son Palais de Djambalgato.  Mais l’on est en droit de se demander qu’est-ce que la création du poste de vice- président pourra apporter comme changement dans le quotidien du Tchadien lambda ? Quelles seront ses attributions ? S’occupera-t-il de l’administration pour permettre au Président Maréchal de se reposer tranquillement dans son Amdjarass natal ? Autant de questions qui taraudent l’esprit des tchadiennes et tchadiens. Ce qu’il faut relever à l’issue de ce deuxième forum national inclusif, c’est la suppression du serment confessionnel ou plutôt de son caractère confessionnel. L’instauration du serment confessionnel lors du premier forum a fait couler beaucoup d’encre et de salive dans le milieu sociopolitique du Tchad. Il a cristallisé tous les regards si bien que de nombreux observateurs ont relevé son caractère non républicain et inégalitaire. D’ailleurs, le serment confessionnel n’a pas pour autant arrêter l’hémorragie. Une victoire en quelque sorte pour les déprédateurs des deniers et biens publics qui vont bien se frotter les mains. La modification du tricolore tchadien a fait l’objet d’une vive discussion, mais les participants n’ont pu trancher. Un comité ad hoc se verra confier le dossier.

 Ce qu’il faut retenir de ce deuxième forum national inclusif, c’est l’absence remarquable des poids lourd de l’opposition démocratique, de la principale centrale syndicale et une partie des organisations de Défense des droits de l’Homme.  Ceux-ci ont estimé que tout est arrêté d’avance, et que participer à une telle rencontre c’est pour autant avaliser le programme politique du MPS et être comptable de la gestion des 30 années de gouvernance. Ces opposants et activistes de la société civile ont projeté un forum citoyen, une sorte de contre-forum. Mais les éléments de la police ont monté la garde devant les sièges et domiciles de certains voire des lieux susceptibles d’abriter leur rencontre. La ville de N’Djaména a pris l’allure d’une ville en état de siège où patrouillent des détachements de la police anti-émeute et autres forces de sécurités lourdement armées. Et pourtant, nous sommes en démocratie où les courants de pensées et d’opinions doivent s’exprimer librement.

Ce forum va donner une nouvelle orientation à la gestion du pays et imprimera sa marque au Tchad, dans la perspective des élections à venir. Entre temps, les tchadiens sont passés depuis plus de deux ans et même de plain-pied dans la 4ème République, peut-être se préparent à entrer dans la 5ème république, mais leur quotidien n’a pas changé d’un seul iota. Ce qui est assez trivial et incompréhensible. EDITO DU 02 /11 /2020